Etude

Programmation de la pointe de la Fumée, Fouras-les-Bains (17)

Le site

La pointe de la Fumée est située sur la commune de Fouras-les- Bains, ville balnéaire du littoral charentais localisée en rive droite de l’embouchure de la Charente. Aussi appelée presqu’île de l’Aiguille, c’est une étroite bande de terre qui glisse à fleur d’eau dans le pertuis d’Antioche, entre l’île de Ré et l’île d’Oléron, elle s’étire dans l’estran depuis le littoral vers l’île d’Aix. C’est un éperon rocheux s’est progressivement urbanisé avec l’essor agricole et touristique. C’est un site exceptionnel, qui durant les deux derniers siècles, a subi une transformation rapide et continue vers une poldérisation. En 2010, la tempête Xynthia qui a submergé la presqu’île a fait prendre conscience de la fragilité de la zone côtière habitée ; les « zones de solidarités », parcelles considérées comme trop dangereuses pour y maintenir des maisons, ont été créées. La mission est une étude de programmation qui intègre des ouvertures prospectives sur le paysage, l’environnement, les mobilités, le stationnement, les activités maritimes et les défenses littorales, les activités de loisirs, culturelles et touristiques. Nous présentons ici quelques éléments du diagnostic paysager et les enjeux ci-afférents.

Le diagnostic

C’est un site remarquable et étonnant. On s’imagine y voir l’océan à l’infini or, au regard de
la situation de la presqu’île dans une mer fermée, les horizons sont toujours découpés et limités. Depuis la grande plage de Fouras, la forme arquée de la presqu’île est bien visible et le rapport qu’elle entretient avec l’île d’Aix est évident (cordon ombilical). C’est un paysage en mouvement. Le lieu est scandé de rythmes. Le ballet des navettes à l’embarcadère est le métronome du site. C’est un flot touristique particulièrement intense en période estivale qui remplit et vide le parking au bout de la pointe. Le rythme le plus évident ensuite est celui des marées, le marnage dévoile des paysages antagonistes. Le vaste estran rocheux et vaseux cultivé
se découvre en marée basse. A ce va-et-vient océanique se couple l’occupation humaine. Les fonds marins accessibles autorisent le travail des hommes, la récolte des naissains et la pêche à pied. Enfin, les tempêtes, aléatoires d’intensités variables, écrivent leur propre rythme. C’est un site chargé d’histoire : de nombreuses représentations d’événements qui se sont déroulés dans le pertuis, la présence de plusieurs dispositifs militaires révèlent le poids de l’Histoire et créent un imaginaire visuel qui imprime notre mémoire. C’est aussi une extrême utilisation par les hommes de ce paysage maritime qui intrigue et questionne. Le site est encombré, les vues sur mer bouchées et le belvédère à l’extrémité anthropisé

Les enjeux

• Développer une approche sensible et naturelle à travers une renaturation sobre et résiliente, particulièrement à l’extrémité de la pointe ;
• Magnifier le paysage ;
• Qualifier les espaces publics en créant une grande promenade touristique piétonne continue (depuis le centre-ville vers l’île d’Aix) ;
• Matérialiser des seuils en lien avec les différentes séquences et atmosphères ;
• Retrouver les différents visages successifs de la pointe dans le temps et les saisons, en mettant en valeur
l’identité ostréicole dans le paysage et l’identité du port et son ambiance en dialogue avec les espaces naturels alentour.